Le 18 septembre 2010


Poèmes du Metro de Medellin – Rubén Darío Lotero
LIGNE A. SAN ANTONIO – NIQUÍA – SANTO DOMINGO. MATIN

Le grand-père était né à Envigado.
Et donc mon père enfant montait ramasser
des mandarines à la ferme d’Ayurá.
Maintenant, à quatre-vingt-quatre ans, il vit
dans un immeuble, près d’Aguacatala.
Je me rappelle, quand j’étais petit, il nous
emmenait voir les «illuminations» à Poblado
quand il était employé à l’usine textile des
Français.
Maintenant, il doit utiliser des audiophones
pour écouter les chansons
pendant que j’emporte des papiers à signer
aux fonctionnaires à Alpujarra.
À soixante ans le grand-père Antonio est
mort à Bello.
Dans sa jeunesse il tenait un bar pour les
voyageurs à la station Cisneros
Et ses oncles étaient des «gouapes» qui
défendaient leur honneur au couteau.
Avant de mourir il était venu nous voir, chez
nous, à Estadio.
On alla se promener avec lui sur le pont,
sous les feuillages.
Maintenant, je me balade dans les parages
de l’église Santa Lucía.
Il y a un mois l’autre Antonio, mon oncle,
est mort à San Javier

Traduction de Claude Bleton