Poemas del Metro de Medellín – Rubén Darío Lotero

LIGNE B. SAN ANTONIO – SAN JAVIER MATIN
La femme qui porte un pack de bières «3
Cordilleras»
ne descend pas du wagon aux immeubles de
Suramericana
où un homme vaporise les fleurs du balcon.
Lointain Picacho, pourquoi m’as-tu amené
jusque là, jusqu’à Estadio?
«Tiens, voilà mon petit-fils. J’entends le
train arriver à Floresta»
Sans y penser, je vais jusqu’à ta porte à San
Javier, grand-mère morte.
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METROCABLE. JUAN XXIII – LA AURORA. MATIN
L’oiseau a franchi la pyramide de portes
closes et de linge qui sèche
et replongé tout droit vers le torrent pollué:
il a fui le sacrifice.
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LIGNE B. SAN JAVIER – SAN ANTONIO MIDI
Ce matin, dans la terre et dans l’herbe je me
suis levé, le regard dans le nuage.
Quel régal, le lit suspendu et le drap de la
sieste à midi!
Allons, laisse-moi voler autour des cimes
des arbres en quête du vert de tes yeux.
laisse-moi tourner le visage vers la pluie
froide qui vient dans l’orage,
avant de retourner au travail dans l’usine
textile.
(j’ai vu mon amie dans le reflet de la vitre...
envolée)
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LIGNE A. SAN ANTONIO – ITAGUI
Alpujarra, parc pour les pieds nus
(dans la montagne le quartier s’éclairera
dans la nuit)
Pont du Fusillé, le dernier de l’antique cité
révolue.
Fleuve fermenté, tu vas à la mer. Moi, à la
montagne où vit le nuage.
Aguacatala peuplé, je continue.
Ayurá, une station pour mon corps fatigué.
Combien de temps, Fernando González,
combien, avant de nommer encore une fois le
kapokier d’Envigado?
Itagüí, où se trouve une pierre écrite du bout
du doigt, dirait-on.
Traduction Claude Bleton